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Mercenaire
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Sujet: It always ends in blood anyway. || Ft. Advar Sam 17 Nov - 14:15
Date du rp 17 Plantaisons 201
Partenaire Advar
Climat, météo, saison, heure Au crépuscule, en fin de journée. Le ciel est clair, la température basse. Un peu de vent, mais rien de bien handicapant.

It always ends in blood anyway.
Ft. Advar Ft. Advar Ft. Advar Ft. Advar Ft. Advar Ft. Advar Ft. Advar Ft. Advar Ft. Advar Ft. Advar Ft. Advar Ft. Advar


Il s'agit de l'une de ces journées. Une de ces longues journées où mon armure est désagréable. Une où le cuir et le tissus me dérangent et m'irritent. Lorsqu'une rune daedrique s'encre dans ma peau, c'est toujours comme ça. Une brûlure, diffuse et permanente, la peau sensible et chaude, rougie. Si je le pouvais, je continuerais ma marche torse-nu, mais mieux vaut éviter d'être trop vulnérable. Je ne suis pas si inconscient.

Il y a une différence cependant, c'est ce rêve que je fais. Récurent, que j'oublie en général en me réveillant, mais qui, à chaque réveil, semble de plus en plus familier. Comme si je m'en souvenais. Cette grotte, sombre parsemée de torches. Ces trois rochers, l'un plus grands que l'autre, au sommet maculé de blanc. Cet arbre, vieux bout de bois à l'article de la mort. Ces silhouettes imposantes et cette jeune enfant, une corde autour du coup, reliée à un piquet comme un animal, les bras contusionnés, le visage aussi pâle et triste qu'un cadavre.
Je ne la connais pas, même si à chaque fois que je la vois, elle me semble plus proche. Chaque nuit, lorsque je me réveille en sursaut, son visage s’imprègne un peu plus dans ma mémoire. Chaque matin, la plupart de ses traits m'ont été volés, mais reviennent la nuit suivante. Ça doit faire quelques nuits que ce petit manège dure, que mon sommeil est réduit, et que je cherche à comprendre: qu'est-ce que Azura cherche à me montrer? Pourquoi cette torture? Est-ce simplement ma pénitence pour son attention? Ou cherche-t-elle à me faire voir quelque chose?

Quoi qu'il en soit, je continue de marcher, j'avance, et lorsque la fin de la journée arrive, nous trouvons un coin tranquille où établir notre petit camp. Un espace agréable, ni trop isolé, ni trop en vu, un feu pour se réchauffer et... Cet arbre. Ignorant Amadeus qui parle tout seul, comme souvent d'ailleurs, je me plante devant cet arbre aux feuilles presque inexistantes, aux branches sèches et au tronc éventré, et je fronce les sourcils. Est-ce l'arbre de mon rêve? Suis-je en train de rêver?
Sans un mot, je pars en avant, entrant dans les broussailles, marchant droit sans dévier jusqu'à tomber sur trois rochers. Au sommet de chacun, une mousse blanche légèrement humide. - Non... - Suivant le sentier invisible seulement cartographié dans les tréfonds de mon crâne, j'avance à nouveau, et lorsque dans la pénombre de la nuit chassant le soleil dans le ciel, la lueur de feux de camps et les voix d'hommes me parviennent.

À couvert de quelques buissons, juste en dehors du camp, je visualise les bandits, cherche à comprendre: si j'ai découvert l'arbre, les rochers et le camp, alors où est cette petite fille séquestrée et blessée?

Est-ce la volonté d'Azura que de la sauver? Attend-elle ça de moi?

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Héraut des Compagnons
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Sujet: Re: It always ends in blood anyway. || Ft. Advar Sam 24 Nov - 20:01
    À quelques jours d’intervalle, deux requêtes étaient parvenues à Advar au sujet de problèmes de banditisme dans les terres sauvages de la châtellerie d’Estemarche. Déjà sur la fin d’une affaire de raids, qui avaient eu lieu à la ferme des Pelagia, Advar dût déléguer une de ces nouvelles missions à d’autres membres des Compagnons, dont quelques-uns s’empressèrent de saisir l’occasion. C’était plutôt tranquille à Jorrvaskr et Advar craignait que certains s’accoutument trop au stoïcisme confortable du banquet et il avait dû insister quelques fois pour que ceux qui était sans travail formel mettent aussi la main à la pâte. Le message était clair : ta couette et ton pain avait un prix. Les tâches connexes étaient nombreuses et il y avait toujours des recrues à repérer, puis à former et l’entraînement aux armes était un apprentissage continu qui ne s’effectuait pas à grandes gorgées d’hydromel. Mais Advar était un grand ourson et ça, on savait parfois en abuser. Ainsi, quand les deux nouvelles missions importantes parvinrent à l’Ordre, les plus valeureux, mais aussi les plus nobles des frères d’armes, avaient pris armes et armures pour prêter main forte à leur Héraut. Les autres, eux, pourraient profiter de la quiétude enivrante de l’âtre de Jorrvaskr pour encore un moment.

    Contraint d’opérer seul cette fois, Advar s’était mis en marche vers les grandes étendues de geysers et de terres salines, ces landes sauvages qui reliaient deux chaines de montagnes au sud du bastion des Sombrages. Le jour comme la nuit, l’Estemarche n’était fréquentée que par des voyageurs qui empruntaient la route du nord au sud, de Vendeaume à la Faillaise ou à sens inverse, peut-être avec l’intention de rejoindre la légion d’Ulfric. Du côté ouest de cette grande route dont il était question, certains hameaux avaient survécu à l’épreuve du temps et hébergeaient des populations de nordiques assez peu friands des visiteurs, qui, il fallait l’avouer, étaient rares. Sous l’égide des Sombrages, ces terres étaient plutôt conservatrices et hostiles envers les Mers, qui s’y aventuraient que très peu et ceux qui s’y égaraient devaient compter sur la bonté de quelques travailleurs de moulins pour obtenir asile dans le secret le plus honteux. Quoi qu’il en eût été, ce fut bien cette région de Bordeciel qui fournit aux Sombrages les hommes et les femmes vaillantes qui constituaient désormais leur armée redoutable.

    La description de la mission lui avait été faite par un contact des Compagnons qui résidait dans la partie plus boisée de cette châtellerie, là où le banditisme et autres obscures activités s’opéraient, à l’abri des patrouilles de l’empire. Ce dernier avait expliqué à Advar que des fermiers, qui tenaient un petit moulin, avaient été récemment la victime de pillages qui leur avaient coûté cher. En effet, on avait volé des récoltes et du bétail, en plus de s’être emparé d’une monture qui leur servait d’unique transport vers Vendeaume, là où ils pouvaient vendre le fruit de leur ouvrage. Aussitôt, les sujets d’Estemarche avaient contacté les autorités locales, mais ces dernières semblaient ne pas avoir vu dans cette affaire un dossier de l’ordre du prioritaire. Pendant un certain temps, un couple de gardes fut dépêché et fut hébergé par les fermiers pendant une semaine afin de tenter de mettre la main sur des récidivistes. Or, comme il fallait s’y attendre, les criminels ne s’étaient pas montré le bout du nez, eux qui étaient évidemment ferrés dans leur art malsain. Finalement, les soldats étaient repartis pour leur quartier général, laissant la famille dans la peur d’une invasion successive peut-être plus violente.

    Oreilles des Compagnons en Estemarche, le trappeur Undlak, ami des bois et des habitants de cette région, bien connus des chasseurs comme des cultivateurs, s’étaient entretenu avec les victimes et avait profité d’un voyage à Blancherive pour saluer son ami Advar et lui faire part des nouvelles. C’est à ce moment qu’Advar prit la décision de faire les préparatifs pour le voyage et d’aller trouver ces malandrins qui, sans en être conscients, faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour anéantir le travail de paix et de sécurité des Compagnons. Conscient qu’il ne serait peut-être pas le seul intéressé par ce travail, Advar avait été sur sa garde tout au long du voyage, car les routes qui menaient de Blancherive à l’Estemarche étaient peu nombreuses et très empruntées. Aussi, il soupçonnait que la famille eut demandé de l’aide à des durs à cuire ou autres chasseurs de têtes, contrainte à se faire justice elle-même.

    Après quelques jours à parcourir les forêts et les falaises escarpées des montagnes de la Gorge du Monde, Advar se trouvait maintenant dans la zone où il croyait que les bandits pouvaient avoir établi leur campement. Selon les indications d’Undlak, ces derniers s’avéraient être assez nombreux, peut-être une quinzaine de malfrats, et avait bâti un campement autour d’une caverne profonde qui leur servait de cachot et de coffre-fort. Apparemment, le groupe était constitué de délinquants ayant échappé à la justice du jarl et ne possédait aucune véritable affiliation avec des organisations plus grandes. Or, leurs aspirations pouvaient être plus considérables, car on comptait parmi leurs membres des individus ayant de bonnes raisons d’obtenir le pouvoir et la richesse à tous les coûts. Undlak, sans être certain de ce détail, croyait que leur chef pouvait être un Dunmer, un marginal qui avait été victime de racisme à Vendeaume et qui alimentait peut-être un désir de vengeance en son clan. Quoi qu’il en soit, Advar devrait être prudent, précaution qu’il ne prit probablement pas en choisissant d’agir seul.

    À l’heure où la lumière s’efface, Advar fut surpris par un groupe d’oiseaux qui avaient soudainement pris la fuite vers les hautes cimes dans un piaillement chaotique. Naturellement, son regard fut dirigé vers l’ombre entre les arbres, dans la direction où les volatiles s’envolèrent en troublant la forêt calme. Telle une minuscule petite tache, un grain de poivre dans une coupe, une forme, puis deux, semblèrent se mouvoir dans le gris-vert environnant à une distance d’au moins trois cent mètres. Advar, dont le feu de camp n’était à peine que quelques braises rassurantes et tout juste assez chaudes pour cuire un lièvre, devint soudain une source de problème pour le Compagnon. Aussitôt, il tenta de l’éteindre, alors que l’obscurité devenait reine de ces heures tardives.

    Doucement, Advar se mit debout et tenta de s’approcher doucement de ceux qui semblaient serpenter les chemins des bois dont seuls les lagopèdes et les cerfs détenaient la cartographie. Deux hommes, qui avaient l’habitude des grandes solitudes forestières, mais qui ne craignaient pas d’être repérés, déambulaient le long de la falaise en parlant fort, surement convaincus d’être seuls et en sécurité. De son côté, silencieux et soucieux de sa traque, Advar les suivit jusqu’au moment où le duo le mena vers des tentes et des palissades modestes qui étaient surplombées par un grand rocher, exactement comme dans la description du trappeur. Derrière un grand tronc centenaire et mouillé de lycopodes spongieux, Advar observa donc le groupe qu’il avait recherché pendant nombre de jours déjà. Un sentiment de satisfaction mêlé à une adrénaline lui fit resserrer ses mains sur le manche de sa hache.

    Projetant des ombres contre la paroi rocheuse, un grand feu brûlait au centre du campement et était entouré d’une dizaine de racailles. Autour, des malfrats allaient et venaient, tantôt aiguisant des armes ou comptant des bourses, tantôt se vautrant dans la boue comme des porcs, ivres et victimes de leur propre malheur. Personne n’était armé, mais les lames gisaient ici et là sur le sol ou étaient simplement laissées nonchalamment contre des arbres ou des amas de sacs de lin. Visiblement insouciants de tous dangers, ces hommes vivaient dans une liberté absolue, car ils étaient éloignés de toute civilisation et personne n’aurait eu de raison de s’aventurer si profondément dans la forêt, mis à part d’autres bandes rivales ou quelques hardis trappeurs. De sa position, Advar ne parvenait pas à voir ce qui se trouvait plus à l’intérieur du camp et arrivait difficilement à évaluer la dimension du danger.

    Le verdict était le suivant : ils étaient trop nombreux pour qu’Advar ne les confronte directement. Le Héraut des Compagnons n’était pas tenu de faire des prisonniers, ni d’accomplir un massacre en règle. De plus, il n’était pas contraint par le temps ni par la loi du jarl. Or, dans tous les cas, il devait mettre un terme aux activités dangereuses de ce groupe criminel, qui allait frapper avec plus de cruauté à mesure qu’il recruterait de nouveaux membres. Un peu démuni et dépouillé d’outils, le Nordique seul et immobile devrait agir vite, efficacement et sans la moindre hésitation.

    Quand il demanda à Talos de lui venir en aide, il entendit la Bête et son souffle guttural lui chuchoter à l’oreille quelques tentations.

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Sujet: Re: It always ends in blood anyway. || Ft. Advar Dim 25 Nov - 14:23
It always ends in blood anyway.
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Des porcs. Purement et simplement. Une bande d'animaux ivres et stupides, aussi inconscients qu'imprudents, qui se pavanent dans la boue sans arme ni dignité. Voilà la conclusion que je fais de mes observations, depuis mon buisson dont les branches et les feuilles m'agressent et me piquent.
En vérité je n'ai pas besoin de tous les massacrer, c'est même bien l'opposé de mon mode opératoire habituel. Je suis un assassin, enfin j'étais, pas un bourrin. On associe toujours les assassins à des bêtes sanguinaires avides de meurtres, mais tuons-nous en masse? Non. Nous éliminons notre cible, généralement avec une propreté bien plus nette que d'autres, et ne laissons pas de traces, pas de dommages collatéraux.

Bon, d'un autre côté, si on veut être honnête, il y en a dans les rangs de la Confrérie qui aiment un peu trop ça, et je ne parle pas de la vampire qui a une relation un peu particulière avec le sang.
Mais pas moi.

Six hommes se trouvent dans le camp extérieur, d'autres à l'intérieur de la grotte, et je cherche le chemin le plus court et le plus discret pour rejoindre l'antre des bandits sans attirer l'attention. Tuer laisse des corps, les corps attire les regards, regards qui paniquent, alertent, et tout part en vrille avant qu'on ait le temps de dire Fus Ro Dah.
Quoi que je peux toujours le dire, c'est pas comme si j'allais déchaîner les éléments.
Les mouvements sont erratiques, difficiles à prédire. Ce n'est pas comme une ronde de surveillance faite par des gardes. Il y a bien un type en surveillance, mais il surveille autour sa bière que le périmètre. Les autres vont et viennent, parlent forts. Deux se tiennent au niveau du feu, probablement pour se réchauffer, et si je ne trouve pas une faille, il me faudra en créer une...

L'un des hommes, clairement imbibé d'hydromel, s'éloigne de la masse pour se rapprocher des limites du camp en portant ses mains à son pantalon, s'apprêtant à purger le surplus de liquide que son corps a décidé de sacrifier.
Je me déplace de quelques mètres pour mieux voir ses yeux, le silence de mes pas ne dérangeant pas plus la nature que le brouhaha du camp.
Déclenchant le sortilège de Peur, je lui fais voir les ténèbres abyssales de ses terreurs les plus profondes et laisse son esprit embrumé faire le reste du boulot.
Quand on a peur, on voit des choses, des choses qui ne sont pas là. Une ombre devient une menace, une branche qui bouge avec le vent devient un monstre et je ne sais pas ce qu'il voit dans les buissons qui lui font face, mais il n'a pas l'air d'aimer ça, et comme je m'y attendais, son premier réflexe est d'attaquer. Le machin tout juste refoutu au fond de son pantalon, je crois qu'il s'en ai pissé dessus d'ailleurs, il dégaine une dague et charge en criant.

Sans surprise, l'attention des autres est attirée dans cette direction, certains plus vifs que d'autres, les plus sobres se trouvant une arme avant de se déplacer vers le bruit.
Moi je repars dans l'autre sens, mes déplacements toujours aussi discrets, et lorsque la plupart des bandits me tournent le dos, agglutinés dans le coin où la peur d'un seul homme a fait des miracles, je m'invite dans le camp.
Destination, le grotte. Obstacles, trois types ivres et désarmés, en tout cas en apparence.
J'ai attiré la majorité compétente de l'autre côté du camp, même le vigile et malgré tout, j'ai la sale impression qu'on me voit. De quoi m'inquiéter un peu plus que je l'étais déjà.

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Héraut des Compagnons
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Sujet: Re: It always ends in blood anyway. || Ft. Advar Lun 10 Déc - 16:21
    Avant même que le guerrier aux aguets ne doive montrer les crocs, le chaos surgit de sa tanière et sema la panique dans le camp. De l’autre côté du campement, un peu en bas de l’inclinaison où nichaient les palissades et ce qu’elles gardaient, des hommes accoururent alors qu’un cri retentit, les arrachant de leur ébriété nonchalante. Advar entendit des pas de course et quelques jurons, mais il ne put réellement estimer l’ampleur du dérangement et la véritable nature de l’imprévu. Or, l’intensité et la laideur des injures qu’on avait crachées semblaient indiquer que quelqu’un s’était mis dans un sal pétrin; un piège à ours placé irresponsablement, une plante vénéneuse que l’on avait, dans son ivresse, méprise pour une baie délicieuse ou encore une chute maladroite où ivrogne avait manqué de se tuer.

    D’autres cris d’horreur parvinrent aux échos de la forêt et aux murs des montagnes, puis levèrent une suite d’hommes irrités, dont les voix autoritaires n’allaient pas tarder à insulter ceux qui étaient sortis des rangs pour accabler la bande de ce brouhaha. Advar, qui n’avait pas encore quitté le couvert du grand tronc auquel il était adossé, daigna tendre l’œil pour observer la scène. Il vit qu’on avait commencé à dépêcher des hommes du fond du campement, d’un endroit où son regard ne portait pas, jusqu’à la scène où la panique avait déjà emporté bon nombre de malfrats. Ainsi, le petit feu de camp se trouva peu à peu à brûler sans surveillance et les bouteilles d’hydromel qui gisaient tout autour de ce dernier devinrent de plus en plus tièdes. Le paysage changea du tout au tout et Advar y vit l’opportunité qu’il avait attendue.

    Évitant la scène chaotique et le petit passage de terre battue où les bandits se ruaient pour rejoindre leur ami épris de cris de terreur, Advar regagna les palissades, qu’il contourna pour finalement atteindre les vivres empilés près de l’ouverture de la grotte. Accroupi derrière les caisses de bois, qui paraissaient contenir des bouteilles de verre et des aliments, le grand Nordique perçut des plaintes qui provenaient du fond de la terre, là où l’obscurité de la caverne n’osait dévoiler ses secrets. Malgré la profondeur de la cavité et sa ténacité à voiler la vérité, le Héraut avait tout de même entendu ce qu’il avait interprété comme la voix d’une femme. Instinctivement, il avait voulu croire que ce qui parvint à ses tympans n’étaient pas la voix d’une hors-la-loi, mais plutôt celle d’un âme retenue captive. Tout à coup, le cliquetis de quelque armure piailla dans la structure caverneuse et Advar dû abandonner toute tentative d’écoute.

    À environ deux mètres de lui, deux hommes surgirent et s’en allèrent, le pas lourd, vers l’extrémité du campement qui leur permettait d’avoir une vue sur le chaos qui sévissait plus bas. Vraisemblablement, les deux durs à cuire avaient une position respectée au sein de l’organisation à en voir les protections dont ils étaient vêtus. Peut-être, aussi, que leur position était convoitée, car ils étaient bien les seuls à être si lourdement armés à cette heure de la nuit où tous avaient pourtant déposé les armes. Quoi qu’il en soit, le duo menaçant faisait à présent dos au Héraut des Compagnons dont la tête dépassait à peine les blocs de bois qui constituaient sa cachette. Sa main s’était resserrée sur le manche de sa hache et ses doigts devinrent ceux d’une statue de pierre.

    C’est alors que le géant frappa de plein fouet un des deux criminels, puis le deuxième dans la continuité de son mouvement, projetant les deux corps sur le brasier ardent du feu de camp, qui les engouffra en enfer. Le premier coup fut d’une violence sans nom et ce fut davantage le poids de l’arme et d’Advar, dont la taille dépassait de plus d’une tête celle de la victime, qui s’avérèrent dévastateur. La lame, qui avait frappé le trapèze du bandit, sembla briser un os et tordit le corps de la victime dans une position que seul un mort pouvait adopter. Son visage trouva rapidement les flammes et l’hémorragie eut rapidement raison de lui, qui ne trouva pas même la force de se tirer des braises rougeoyantes. Si l’autre tenta, lui, de s’esquiver pour donner la chance à son esprit de comprendre la situation, son réflexe ne fut pas suffisant pour créer une distance avec l’énorme hache de guerre. Vicieuse, la lame au tranchant double trouva rapidement son entre-jambe dans un mouvement ascendant qui se traduisit en un rictus de douleur. Criant pour sa vie, l’homme agenouillé, les mains sur l’aine, implorait ses dieux, dans un gargouillis de sang qui entravait sa prononciation, de lui venir en aide. Advar, bouillonnant de violence, comprit aussitôt que ce ne serait pas les dieux qui lui viendraient rapidement en aide, mais plutôt la horde de malfrats qui n’étaient qu’à quelques mètres de l’assaut. Sans pitié, Advar imposa tout son poids sur celui qu’il venait d’handicaper et l’étouffa en écrasant le manche de sa hallebarde contre la gorge de ce dernier. Entre Advar, le bois et les braises, le bandit eut beau se débattre comme jamais, ses derniers instants lui furent dérobés comme son air.

    Le visage et les mains ensanglantés, Advar se tint là, comme une bête prête à défendre sa tanière à mesure qu’il entendait les pas des criminels s’approcher de sa position. À présent, il avait l’avantage du terrain, lui qui se trouvait désormais à l’intérieur des palissades, en élévation, tirant profit des fortifications rudimentaires qui se retourneraient contre leurs bâtisseurs. À sa gauche, un passage étroit déverserait bientôt une file de malfrats qui ne tarderaient pas à comprendre qu’ils avaient été embusqués.
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Sujet: Re: It always ends in blood anyway. || Ft. Advar Mar 11 Déc - 15:08
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Les bandits dans mon dos, occupés à chasser la menace invisible imaginaire et inexistante, j'investi les lieux et remonte la pente du camp vers l'entrée de la grotte. De là où je me trouve, je ne vois que les flammes du feu de camp, et pas même sa base braisée, mais je sais au moins me diriger dans le bon sens et le camp vidé par mes manigances est aisé à traverser... Et puis j'entends des voix, des bruits métalliques, des cris et des son de combat. Fronçant les sourcils, je tourne la tête lorsque j'entends les bandits qui avaient quitté les lieux, revenir vers ces cris.

Et merde.

Le pas toujours aussi léger, j'achève de gravir la côte, estimant avoir un avantage évident d'en haut, mais lorsque j'atteint enfin le feu de camp, juste devant l'embouchure de la grotte, j'y aperçois deux cadavres en train d'y griller et diffuser une odeur de viande rôtie particulièrement forte, et ce grand type baraqué avec sa double hache entre les mains. Je n'ai qu'à croiser son regard, voir son visage pour comprendre ce qui vient de se passer et ma mâchoire se crispe déjà. - Être discret est vraiment si difficile? - Je pourrais lui dire bonsoir, lui demander comment il va, lui demander des nouvelles de ses petits compagnons... Sauf que non. - Pourquoi j'me fais chier à faire des diversions si c'est pour que des bourrins viennent se foutre au milieu... - marmonné-je en achevant de monter la côte pour me retrouver à son niveau.

Est-ce que je suis surpris de le voir? Oui, bien sûr. À aucun moment je n'aurais pu m'attendre à ce qu'on soit deux à convoiter le même camp de bandit. Est-ce que j'aurais pu me montrer plus agréable? Probablement. Est-ce que j'en ai envie? Pas vraiment. - Est-ce que vous vous ennuyez à ce point à Jorrvaskr qu'il vous faut rameuter toute la population pour les buter inutilement? - Je suppose que nous avons tous une approche différente de la chose. Personnellement, je préfère me faire discret, ne tuer que si nécessaire. Et oui, venant d'un ancien assassin, c'est peut-être ironique, mais nous avons cette réputation sanguinaire, d'êtres mauvais et froids... Alors que nous ne tuons jamais plus que nos cibles. Je suppose que c'est le poste qui veut ça. Heureusement pour moi, personne en dehors de la Confrérie ne sait que j'ai été un assassin. Malheureusement pour moi, la Confrérie... mais ce n'est pas le moment.

Dégainant mes deux épées, je tiens la ligne, un œil sur les bandits qui arrivent vers nous, l'autre sur la grotte qui pourrait déverser sur nous quelques autres adversaires attentifs. - J'espère que y'a une bonne raison à ça parce que j'ai pas que ça à foutre... - Héraut des Compagnons? Et alors. Je ne suis pas là pour ça. J'ai une gamine à sauver, pas des bandits à tuer.

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Héraut des Compagnons
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Sujet: Re: It always ends in blood anyway. || Ft. Advar Mar 11 Déc - 15:57
    Alors qu’il attendait des figures vêtues de lambeaux de fourrures, au regard enragé et à la démarche malade de colère et d’alcool, surgit plutôt un personnage tout autre, qui n’avait rien à voir avec les malfrats. L’homme est vêtu de couleur sombres où se mêlait terre et couleurs nobles et avait dans les yeux une flamme qui n’était pas celle des gens des forêts qui vivaient dans la décadence. À première vue, il ne s’agissait pas non plus d’un homme de Loi et encore moins d’un légionnaire envoyé des forces spéciales, sans toutefois qu’il n’eut paru être un milicien de village. Si le temps de réflexion n’était pas abondant à cet instant précis, Advar finit tout de même par supposer que le guerrier devait être à la solde de la famille qui avait été victime du groupe criminel. Quoi qu’il en eût été, ce dernier n’avait pas la langue dans sa poche…

    À peine avait-il remonté la pente pour pénétrer dans l’enceinte du camp, du côté intérieur des palissades, que l’homme avait commencé à se plaindre des méfaits d’Advar, disant que ce dernier avait complètement fait dérailler ses ‘’plans’’. Aussi, il avait parlé de Jorrvaskr et mâché une insulte, comme si Advar était ici pour le plaisir de frapper sur des bandits, de risquer sa propre vie et de laisser ses hommes sans guide, sa famille dans le deuil. Visiblement, Advar avait affaire à une sorte de chasseur de tête sans trop de scrupule, une sorte de faux-bourgeois des bas-fonds, un type qui se croyait professionnel. Il fallait être bien imbu de soi-même pour parler de la sorte au seul allié que l’on aurait, alors qu’on se trouvait au beau milieu d’une ruche grouillante de tueurs.

    Advar, qui généralement n’était pas trop doué pour se faire des ennemis, préféra ne pas répondre aux commentaires de son nouvel allié. D’un bond, il le rejoint pour barrer l’entrée au campement et fit face au petit chemin et à l’ouverture où accourraient une file de malfrats assoiffées de sang. Insultés, les bandits crachaient des insultes et ils étaient visiblement affectés par la manière dont on les avait attaqués de l’intérieur. Brandissant leurs lames et leurs doigts sals, ils se jetaient sur Advar et le mercenaire sans calculer leur vitesse ou leur angle d’attaque.

    De sa voix grave et profonde, il lança :

    - J’espère que tu sais ce que tu fais, petit…

    Et la hache retrouva à nouveau la chair quand elle projeta au sol un malandrin, elle dont la portée était supérieure aux armes dont les lames vinrent finalement à s’entrechoquer. Ce premier coup fut brutal et il donna le ton pour le reste de l’assaut. En fait, les bandits qui s’élancèrent après ne se jetèrent pas sur leur cible avec la même furie, car l’exemple avait été très fort. Deux par deux, ils tentaient de pénétrer dans l’enceinte des palissades et tentaient de porter des coups aux deux hommes qui avaient dérobé leur fortification. Or, Advar les tenait bien à distance, les yeux écarquillés et la hache pointée devant lui en signe d’avertissement. Le géant ne donnerait pas beaucoup de coups, mais quelques-uns suffiraient à arracher ce qui restait de courage ou de folie.

    Puis, certains qui étaient plus hardis tentèrent de grimper par-dessus les rondins de bois aiguisés afin de sauter de l’autre côté et d’encercler le duo. Quand Advar vit que plusieurs avaient opté pour cette option, il fit un pas en arrière, inquiet d’être bientôt assailli de tous les côtés. Aussi, il vit que le regard de son mystérieux allié avait porté vers la grotte, qu’il semblait surveiller et Advar eut un petit moment de trouble quand il se rappela que la menace à l’intérieure n’était peut-être pas inexistante.

    Le nombre de bandits commença bientôt à être effrayant et le duo devrait se montrer créatif pour que tout se termine bien.
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Sujet: Re: It always ends in blood anyway. || Ft. Advar Mar 11 Déc - 16:47
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Petit? Comment ça "petit"? Je suis grand, pas petit. Quoi que maintenant que je me trouve à son niveau et que j'avise sa taille, je réalise le pourquoi et me contente de grogner entre mes dents. Certes, il est immense. Passons à autre chose.
En face, les bandits reviennent à la charge, probablement vexés d'avoir été ainsi manipulés. Ma faute. Mais d'un autre côté, ils ont certainement fait pire. La hache du Héraut s'abat et elle s'abat particulièrement bien. Le choc du métal qui tranche la chair et les os a de quoi impressionner, néanmoins je n'ai pas le temps de m'asseoir pour profiter du spectacle.

Profitant que l'attention des bandits soit portée sur l'imposant compagnon, je m'esquive et utilise la paroi rocheuse comme nouveau chemin. D'un appel du pied je gagne en hauteur, d'un second, je m'élève en peu plus, du troisième je me projette vers l'extérieur et mes lames s'enfoncent, l'une dans un crâne et l'autre dans le dos, mais maintenant au milieu de l'attroupement je devrais m'inquiéter... Sauf que c'est à eux de s'inquiéter.
Rapide, agile, trop proche pour qu'ils puissent bien employer leurs épées, je suis dans l'espace intime, entre leurs bras, et dans le chaleureux écrin de leurs formes imbibées, je sévi. Une gorge aussi, un abdomen là, l'un des bandits est assez efficace pour me tenir en haleine, mais je parviens à entailler ses articulations pour le forcer à fléchir, mon épée s'enfonçant au travers de sa gorge dans une ultime gargouillis sanguin.

Remarquant qu'une partie des bandits se sont employés à escalader les barricades pour prendre Advar à revers, je remonte jusqu'à lui en jouant des lames et aussitôt de retour proche du feu de camp, mon regard toujours attentif à la grotte, je vois déjà quelques téméraires parvenir à passer la paroi de bois, nous donnant un second front à tenir. - Je crois qu'ils sont pas contents. - Dis-je bien inutilement: c'est évident qu'ils ne sont pas contents, on occupe leur camp. Enfin, on... On est un duo temporaire basé sur le hasard et la malchance, mais on est là malgré tout.
Plantant l'une de mes épées dans le sol, je libère ma main droite qui envoie une dague de lancer se planter dans le premier bandit à avoir escalader la barricade, celui-ci s'effondrant sur le coup. Une seconde dague file, celle-ci se plantant dans l'épaule de sa cible, et si je n'ai pas le temps d'en lancer une troisième, c'est parce que le front d'origine m'a gagné et je dois dévier un coup d'épée.

Mon poing file, le gars est fort. Sa gorge reçoit le coup et il s'étouffe en tombant, le temps pour moi de reprendre ma seconde épée. - On tiendra pas comme ça indéfiniment! - Toujours rien depuis la grotte, c'est déjà ça, mais tout ce bruit attirera forcément l'attention...

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It always ends in blood anyway. || Ft. Advar

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